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Le Cantique qui traverse le temps : Davide Rondoni raconte la poésie de saint François

Poésie, humanité et actualité sous le signe de saint François : d'Assise au monde, 800 ans après sa disparition. Le récit s'enrichit de la voix de Davide Rondoni, interprète contemporain de la pensée franciscaine. Pour l'occasion, nous avons interviewé le poète, profond connaisseur et admirateur du patron de l'Italie.
Le Cantique qui traverse le temps : Davide Rondoni raconte la poésie de saint François
March 27, 2026
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Le Cantique qui traverse le temps : Davide Rondoni raconte la poésie de saint François

L'événement dédié au Cantique des Créatures a offert bien plus qu'une simple occasion culturelle : il a été un moment d'écoute et de réflexion, capable de remettre au centre l'une des voix les plus puissantes et universelles de la tradition spirituelle et poétique européenne.

Insérée dans le calendrier plus ample de manifestations qui accompagneront 2026, année qui marque les 800 ans de la mort de saint François d'Assise, la soirée se place au sein d'un parcours international qui implique plus de 70 villes sur 5 continents. De Los Angeles à Moscou, de Mexico à Sydney, le message du saint continue de traverser les frontières géographiques et culturelles, en gardant intacte sa force.

La commémoration, connue comme « Pâques de François », met au centre des valeurs aujourd'hui plus actuelles que jamais : paix, fraternité et soin de la création. Un héritage qui trouve une nouvelle voix aussi grâce à des figures comme Davide Rondoni, parmi les plus importantes de la poésie contemporaine italienne, engagé depuis des années à traduire en langage actuel la pensée franciscaine. Pour l'occasion, nous l'avons rencontré, donnant vie à une conversation qui se meut entre parole poétique, expérience humaine et recherche de sens.

Interview de Davide Rondoni

Votre poésie entrelace souvent dimension spirituelle et quotidien : comment naît cet équilibre dans votre écriture ? « Je ne sais pas si c'est un équilibre, peut-être un déséquilibre, parce que la vie peut être déséquilibrée. Les parallélépipèdes sont équilibrés, les hommes non. Se contracter, pour s'embrasser, pour s'exposer. Donc je ne crois pas qu'on parle d'équilibre : dans la vie, ces deux choses sont là ensemble. Je ne crois pas qu'on puisse vivre de manière raisonnable, intelligente, la réalité quotidienne sans un regard aussi spirituel, et vice versa. Je ne pense pas avoir fait quelque chose d'étrange ou de nouveau : dans la grande poésie italienne, de Dante à Pétrarque à Leopardi, cela est toujours présent. »

Davide Rondoni
Davide Rondoni

Dans un panorama culturel toujours plus rapide et fragmenté, quel rôle la poésie peut-elle encore avoir aujourd'hui selon vous ? « La poésie n'est pas simplement un genre littéraire : c'est un art de la parole qui concerne la vie. Elle n'est pas faite pour remplir le temps ou pour produire des contenus, mais pour dire quelque chose d'essentiel. Nous vivons immergés dans un flux continu de mots, souvent superficiels. La poésie, au contraire, cherche les mots justes, ceux qui ne trahissent pas la réalité. Parce que quand tu te trompes de mots, d'une certaine manière tu perds aussi le rapport avec la vie. C'est une manière de trouver le ton juste, de regarder la réalité et de la mettre au point. »

Donc la poésie est encore nécessaire ? « Absolument oui. Elle reste une nécessité profonde, même quand elle semble marginale. C'est une manière d'entrer en rapport avec ce qui arrive, de traverser l'expérience et de lui donner forme. La poésie n'est pas une évasion, mais une tentative de rester dans les choses avec une plus grande intensité. »

Quels auteurs ou expériences ont influencé le plus votre parcours poétique et de quelle manière se reflètent-ils dans vos textes ? « Les influences sont multiples. La grande tradition italienne est fondamentale, à partir de Dante, qui a su tenir ensemble expérience humaine et tension spirituelle de manière unique. Mais comptent aussi les lectures, les rencontres, les expériences vécues. Tout contribue à former un regard. Il ne s'agit pas d'imiter, mais de traverser ce qu'on rencontre et de le laisser travailler en soi. »

Quand vous écrivez, partez-vous plus souvent d'une image, d'une émotion ou d'une réflexion précise ? « Cela peut naître de toutes ces choses. Parfois c'est une image, d'autres fois une émotion ou une réflexion soudaine. Il n'y a pas de règle précise. C'est comme si quelque chose allumait une étincelle : de là part un travail d'écoute et de recherche. L'écriture est une manière de poursuivre cette première intuition et de lui donner une forme qui soit vraie. »

Dans votre parcours, combien compte l'expérience personnelle ? « Elle compte beaucoup, mais pas au sens autobiographique le plus simple. L'expérience est le point de départ, mais ensuite elle doit être traversée, transformée. La poésie n'est pas une chronique, c'est un regard. C'est la tentative de comprendre et de restituer ce que nous vivons de manière plus profonde. »

Aujourd'hui on parle souvent de crise de la lecture. Quel rapport voyez-vous entre le public et la poésie ? « Je ne crois pas que le problème soit la distance de la poésie, mais plutôt la difficulté à s'arrêter. La poésie demande de l'attention, du temps, du silence. Et pourtant, quand les personnes rencontrent vraiment une parole authentique, elles la reconnaissent. Il y a encore un besoin fort, même s'il n'est souvent pas intercepté. »

En définitive, qu'est-ce que la poésie pour vous ? « C'est une manière de regarder la vie et de la mettre au point. Une tentative continue de dire le réel sans le réduire. C'est quelque chose qui naît d'une nécessité : celle de ne pas perdre le contact avec ce qui compte vraiment. »

Huit cents ans après la mort de saint François, son message continue de vibrer avec une actualité surprenante. Non comme une mémoire distante, mais comme une provocation vivante, capable d'interroger le présent. La poésie, comme le suggère Rondoni, reste l'un des instruments les plus authentiques pour traverser cet héritage : non un refuge, mais un regard. Une manière d'habiter le monde avec une plus grande profondeur, sans séparer ce que nous sommes de ce que nous cherchons.

Et c'est peut-être précisément dans ce « déséquilibre » humain, si loin de toute construction parfaite, que continue de naître la possibilité la plus vraie de la poésie.

Plus d'informations

L'événement a été organisé par l'Institut Culturel Italien de Zurich. Découvre ses prochaines initiatives culturelles.

Initiatives dans le monde

De Los Angeles à Moscou, de Mexico à Sydney. Les célébrations du huitième centenaire auront une dimension globale et impliqueront de nombreuses villes dans le monde : plus de 70 villes distribuées sur 5 continents, une confirmation de la dimension globale. Le message de saint François traverse des latitudes et des cultures différentes, unissant symboliquement Occident et Orient, Nord et Sud du monde. Une mosaïque internationale qui témoigne de combien l'héritage de saint François est aujourd'hui plus vivant que jamais, capable de traverser les frontières géographiques et culturelles, en parlant aux croyants et aux non-croyants avec la même force et authenticité.

Visite le site officiel https://sanfrancesco800.cultura.gov.it

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